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La conservation des œuvres

Elle est au centre des actions du conservateur des antiquités et objets d'art, qui intervient, sur avis du conservateur des monuments historiques (Direction régionale des Affaires Culturelles - Conservation Régionale des Monuments Historiques), et en relation étroite avec les propriétaires, les architectes et les restaurateurs, pour coordonner à l'échelon départemental les programmes de conservation des œuvres. Ses visites sur place l'amènent à évaluer les dégradations et l'environnement des œuvres. Dans le cas de collections complexes, une étude préalable et des analyses scientifiques permettent de définir un plan d'intervention. Ce programme d'interventions aura pour but de prolonger la vie matérielle de l'œuvre, par des traitements de consolidation, de désinfection et de nettoyage. La restauration est aussi un moment privilégié de redécouverte de l'œuvre.

Les aides

Etudes et devis donnent lieu à des programmations annuelles, pouvant bénéficier des subventions de l'Etat et du Département.

Œuvres classées
Le Conservateur des monuments historiques est maître d'œuvre des restaurations : il contrôle la qualité des opérations et leur bon déroulement. La DRAC est maître d'ouvrage de la restauration. L'Etat peut accorder au propriétaire des subventions allant jusqu'à 50 % du montant des travaux complété par une aide du Département d'un montant de 20% des travaux . Des devis de restauration sont demandés par le conservateur des monuments historiques parfois relayé par la conservation des Antiquités et objets d'art. Si les devis sont acceptés, le propriétaire recevra de la Direction Régionale des Affaires Culturelles une convention à signer, convention qui doit être entérinée par une délibération du conseil municipal. Une fois cette convention signée, après un délai administratif, le conservateur des monuments historiques signe un ordre de service et les travaux peuvent commencer. Le propriétaire verse son fonds de concours selon un échéancier établi par la DRAC.



Oeuvres inscrites et non protégées
Un budget spécifique a été voté par le Conseil général des Yvelines pour permettre de conduire des opérations de sauvetage et de conservation sur les œuvres inscrites ou non protégées appartenant aux communes du département. La direction des Archives, conservation des Antiquités et objets d'art, assure le suivi administratif technique et scientifique de des travaux de cette ligne budgétaire intitulée " Sauvetage d'urgence d'objets d'art et d'archives ". Dans ce cadre le Conseil général aide les communes à hauteur de 70 % du montant des travaux. Pour obtenir cette aide, le conseil municipal doit prendre une délibération entérinant le devis de restauration approuvé par la conservation des antiquités et objets d'art. Le dossier documenté constitué par la conservation (histoire, intérêt, caractéristiques de l'œuvre) est ensuite soumis à la commission permanente. Avec son accord, une convention est signée entre le propriétaire et le Président du Conseil général. A la suite de l'ordre de service envoyé par le conservateur, les travaux peuvent commencer sous le contrôle de la conservation des Antiquités et objets d'art qui devra s'assurer du bon déroulement du chantier.

 

 

La restauration est un métier

Chaque restauration est un cas unique et non une application systématique de recettes, elle respecte la spécificité de l'œuvre. Confiée à des spécialistes confirmés (issus des écoles agréées en France et en Europe tels l'Institut Français de Restauration des Œuvres d'Art ou de la Maîtrise en sciences et techniques de Paris I en conservation-restauration des biens culturels), la restauration des œuvres d'art suit des règles de déontologie particulières :
- Stabilité : les matériaux utilisés par les restaurateurs ne doivent pas s'altérer.
- Réversibilité : Les matériaux utilisés par le restaurateur doivent pouvoir être supprimés, dans le futur, sans  endommager l'œuvre.
- Lisibilité : l'intervention doit rendre à l'œuvre une cohérence. Cependant, les ajouts de la restauration  doivent pouvoir se distinguer de la matière originale.
- Suivi des travaux : le conservateur suit toutes les étapes de la restauration effectuant des visites régulières  en atelier ou in-situ. Les problèmes liés à la restauration sont discutés lors de ces réunions de chantier. Les  décisions concernant les partis de restauration sont prises par le conservateur des Monuments historiques  pour les objets classés, par le CAOA en ce qui concerne les objets inscrits.
- Documentation : toute intervention doit être documentée (photographies et descriptions des principales  étapes de la restauration ainsi que des matériaux employés), à destination de ceux qui assureront dans le  futur la conservation des œuvres.

 

La conservation préventive

Cette démarche relativement récente s'attache à identifier sur l'ensemble d'un site abritant une collection, les dégradations (infestation d'insectes, moisissures, soulèvements de peinture, traitements brutaux, lavages intensifs…) et les risques (humidité trop importante, risques d'incendie, problèmes de sécurité…). Suite à ce diagnostic réalisé si nécessaire avec l'aide d'un restaurateur spécialisé, plusieurs procédures pourront être mises en œuvre afin de préserver ces ensembles et éviter des restaurations lourdes et coûteuses.

- Des opérations de conservation d'urgence pour éradiquer des infestations (insectes, moisissures) ou des  dégradations dues à des sinistres (inondation, incendie).
- La mise en place de mesures visant à améliorer les conditions de conservation des œuvres : régulation des  conditions environnementales (climat, lumière), entretien du bâtiment, amélioration de l'accrochage des  œuvres, mesures de sûreté et sécurité sur le bâtiment et les œuvres. Ces mesures doivent être envisagées  avec le concours des architectes des bâtiments de France ou d'architectes formés à la conservation du bâti  ancien.
- La mise en œuvre de programme d'entretien des œuvres, en particulier à la suite d'une opération de  restauration (dépoussiérage, contrôle des infestations).

Certains gestes simples peuvent être relayés par les propriétaires et les affectataires.

 

 

 

 

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